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Un nouveau président pour la CRE

« Indépendance, éthique, et collégialité. » Lors de son grand oral devant la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, Jean-François Carenco a lourdement insisté sur ces trois mots sur lesquels, dit-il, reposera sa nouvelle mission qui devrait lui être confiée pour un mandat de six ans : la présidence de la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

Le poste est hautement stratégique : si les dossiers à traiter sont parfois ardus (tarifs, dialogue avec Bruxelles, traitement des appels d’offres pour les énergies renouvelables), leur enjeu n'en est pas moins crucial. Il s'agit notamment de poursuivre l'ouverture à la concurrence des marchés de l’énergie et de préserver le pouvoir d'achat des Français, mais aussi de s'assurer que les entreprises auront les moyens d'engager les investissements nécessaires.

Alors que la place du nucléaire est toujours en débat, « la sécurité d'approvisionnement est dans mon esprit le premier sujet, il faut donc avoir un regard clair sur l'industrie nucléaire et son évolution », a-t-il souligné, rappelant que l'efficience du marché suppose « des opérateurs professionnels et performants ». Interrogé sur le différend ayant opposé récemment la CRE à Ségolène Royal sur le tarif d'acheminement de l'électricité, il a estimé que son prédécesseur avait refusé trop rapidement de revoir sa copie, comme le lui demandait la ministre. Il a aussi déploré qu'Enedis ait déposé un recours devant le Conseil d'Etat et une question prioritaire de constitutionnalité (QPC). « Je ne pense pas qu'il appartienne à une entreprise d'Etat de soulever une QPC », a-t-il déclaré.

Les chantiers sont nombreux et complexes, à l’image la décision du Conseil d'Etat sur les tarifs réglementés du gaz, qui pourrait aboutir à leur suppression, entraînant dans son sillage celle des tarifs réglementés de l’électricité. « Cela crée une incertitude », a-t-il souligné.

La négociation du quatrième paquet énergie sera aussi un enjeu majeur. « Je prendrai à mon niveau les relations avec Bruxelles, sans les déléguer », a assuré Jean-François Carenco.

(Les Echos du 08/02)