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Code du travail : le télétravail grandement facilité par la réforme

LEÏLA DE COMARMOND Le 23/01 - LES ECHOS

Selon une enquête du groupe de protection sociale Malakoff Médéric publiée ce mardi, 82 % des entreprises qui pratiquent le télétravail estiment qu'il est source d'un engagement accru de leurs salariés.

Après l'inversion de la hiérarchie des normes, les ruptures conventionnelles collectives concentrent aujourd'hui l'attention. Mais cela ne résume pas, loin s'en faut, la réforme du Code du travail édictée par les ordonnances , dont le Sénat a commencé mardi l'examen . Le développement du télétravail figure aussi au programme.

Depuis la promulgation des ordonnances, fin septembre, c'est un droit pour le salarié et l'employeur doit motiver tout refus. A l'issue de la procédure parlementaire de ratification, la souplesse d'accès au télétravail va être encore renforcée. Dans le texte initial , il était prévu que « en l'absence de charte ou d'accord collectif, lorsque le salarié et l'employeur conviennent de recourir de manière occasionnelle au télétravail, ils formalisent leur accord par tout moyen ».

    Sur proposition du rapporteur du texte, le député LREM Laurent Pietraszewski, la référence au seul télétravail occasionnel a été supprimée et le Sénat n'a pas prévu d'y revenir. Du côté syndical, on s'inquiète d'une disposition qui pourrait inciter les employeurs à se passer de négocier les conditions d'exercice du télétravail.

    Moindre fatigue des salariés

    La réforme va en tout cas probablement doper cette forme particulière de travail, très largement informelle aujourd'hui. Si un quart des salariés la pratiquent, seuls 6 % l'ont contractualisée, selon une enquête conduite en novembre par l'Ifop pour le compte du groupe de protection sociale Malakoff Médéric, publiée mardi. 19 % télétravaillent de façon informelle, dont un sur cinq de façon régulière.

    Quelque six salariés sur 10 travaillant occasionnellement ou pas chez eux se déclarent « très satisfaits » et 33 % globalement satisfaits. La suppression de temps de trajet est la première motivation, devant la possibilité de planifier ses horaires de travail, le gain en efficacité dans son travail et la conciliation de la vie familiale avec la vie professionnelle.

    Les employeurs qui le pratiquent soulignent aussi les apports positifs du télétravail. De façon massive, ils y voient la source d'un engagement accru de leurs salariés (82 %) ainsi que d'une « meilleure » responsabilisation et d'une plus grande autonomie (80 %). Outre un gain d'image pour l'entreprise, près des deux tiers pointent une diminution de la fatigue des salariés (avec un effet favorable sur l'absentéisme pour 4 sur 10). Un quart font état d'une « optimisation » des espaces de travail.

    Un management plus difficile

    Mais la raison première invoquée par les entreprises pour proposer le télétravail est la recherche d'une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle, loin devant le souci de faire évoluer les modes de management et développer la qualité de vie au travail (57 % contre 35 %). Un tiers évoque l'enjeu de la fidélisation de son personnel et seulement 3 % l'optimisation des charges immobilières.

    Les dirigeants d'entreprise pointent a contrario deux dangers : 47 % évoquent la perte du lien social au travail, de l'esprit d'équipe et le risque d'isolement, et 38 % la difficulté à manager des collaborateurs à distance, plus fortement ressentie dans les entreprises de plus de 250 salariés qu'en dessous.

    Code du travail : le télétravail grandement facilité par la réforme